PRESSE

Prospero, le petit marchand de pain

Le 21 juin 2011 par Jean-Christophe Le Toquin*

À emporter, CD, ResBambini


Actes Sud - Cité De La Musique

« Prospero, le petit marchand de pain ». Auteure: Anne Montange. Narratrice : Caterina Barone. Illustrations : Cécile Gambini. Composition et interprétation : Stéphanie Paulet, Matthieu Camilleri, violon. Direction artistique : Christophe Rosenberg. 1 livre / CD Actes Sud Junior « Contes du Musée de la Musique ». Code barre : 9782742796229. ISBN : 978-2-7427-9622-9. Enregistré au Studio Scopitone (Paris). Dépôt légal : avril 2011. 16€

La série des Contes du Musée de la Musique, dont l’objet est de faire découvrir aux plus jeunes la richesse de sa collection d’instruments, s’enrichit d’un opus dédié à un incontournable : le . En l’espèce, l’enregistrement donne à entendre « le Provigny », du nom de son dernier propriétaire.

Anne Montange, qui a réalisé la majeure partie des ouvrages de la série, compose l’histoire poétique d’un petit garçon boulanger qui échange son pétrin contre un archet, dans une Italie intemporelle. Le conte s’entend à préserver le mystère autour de la création des stradivarius, bien secondé par des compositions musicales qui évoquent le style baroque et la musique populaire médiévale. En ouverture, le violon résonne de manière non définie, comme un avant-concert, presque de la musique contemporaine, ce qui est bien vu car cela permet d’habiller musicalement le conte, d’ouvrir les oreilles à des sonorités plus modernes, tout en préparant l’entrée en majesté du stradivarius.

Le vocabulaire choisi, l’histoire plutôt élaborée, l’emploi d’expressions italiennes non traduites, les styles musicaux eux-mêmes nécessiteront toutefois l’accompagnement des parents pour que leur enfant (de 7 à 10 ans) puisse s’imprégner du conte et y adhérer. Que l’éditeur puisse conseiller ce conte dès l’âge de 5 ans est aussi mystérieux que la composition du vernis  des stradivarius. A ce propos, la notice documentaire en fin d’ouvrage explique que ce vernis n’a finalement rien de mystérieux, puisqu’on a pu déterminer qu’il n’était composé que d’huile de lin, de résine de pin et d’un pigment rouge provenant de cochenille séchée, un insecte du Mexique vivant sur les figuiers de Barbarie!


*Jean-Christophe Le Toquin est Secrétaire Général de ResMusica ainsi que de la Société Wilhelm Furtwängler. Il est l’auteur de Lettres de Musique consacrées à la Symphonie n°8 de Dimitri Chostakovitch et la Symphonie n°7 d’Allan Pettersson. Il est par ailleurs un juriste spécialisé dans les programmes de lutte contre les abus et les crimes numériques.



ON EN PARLE SUR LE BLOGUE LA MER À BOIRE

« Babik, l'enfant du voyage », un joli conte musical
pour découvrir le Jazz Manouche

« Mine de rien, cette histoire nous parle aussi de tolérance
et de la manière dont les êtres peuvent surmonter leurs peurs
et leurs préjugés, ce qui n’est pas complètement inutile
par les temps qui courent…
»
Pour en savoir plus >>

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COUP DE COEUR MUSIQUES DU MONDE

www.musiquesdumonde.fr/babik-l-enfant-du-voyage


Ravel Au Bois Dormant

Anne Montange : conte ~ Ananda Montange : danse, équilibre ~
L'ensemble Callisto : violoncelle, flûtes, piano
Esther Marty-Kouyaté et Anne Montange : mise en scène
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Ce spectacle est un véritable régal – et pas seulement pour les enfants! A tout âge, le conte de la Belle au Bois Dormant continue d'exercer sa magie. Le texte en est restitué ici de façon la plus vivante. Et que dire du commentaire musical qui l'accompagne!

Les choses se passent tout à fait comme si on avait demandé à un compositeur d'écrire une musique de scène spécialement pour cette occasion. La transcription – pour deux flûtes, un violoncelle et un piano – des différentes oeuvres de Ravel est tellement adroite que ces extraits semblent avoir été originalement écrits pour cette formation. C'est à s'y méprendre!

De plus, le choix de chaque fragment intervient merveilleusement bien en situation, donnant au déroulement de l'histoire une dimension poétique d'un bonheur constant. On se laisse aller à rêver...

Une chose est sûre: Maurice Ravel aurait beaucoup aimé!

JEAN PERISSON

Directeur musical de l'Opéra de Nice . Chef permanent de l'Opéra de Paris . Grand prix international du disque de l'Académie Charles Cros 1983

 

Pour en apprécier les valeurs , Malraux recommandait de regarder les tableaux à l' envers. De même la musique la plus vivante, abordée hors normes, peut prendre un pouvoir singulier. Un lecteur de CD permet d' écouter les Etudes de Chopin en désordre et les surprises sont là pour intensifier encore notre vénération. À sa façon, nous présentant Ravel au bois dormant, l'ensemble Callisto se risque, à son tour, à prendre “le ciel en travers”. Et, soudain, quel bonheur de surprendre tant de motifs familiers se faufilant entre les épisodes d'un salmigondis féerique qu'on rougit de n'avoir pas composé soi-même ! Au passage, le piano se travestit en flûte et le violon dépouille la clarinette. On n'est pas plus frivole ni plus grâve : la musique n'y perd pas son sens mais, au contraire, va caresser d'autres perspectives, changer de signification... Trouble délicieux - et pourquoi pas ? Ces polysémies thématiques feront sourire et tant de suggestions imprévues nous émeuvent. Conquis et frémissants, comment ne pas repenser à Manuel Rosenthal dénonçant les tenants d'un compositeur précieux et squelettique : Ravel, c'est la tendresse. Et puis Strawinsky, envoyant paître les puristes : vous respectez, moi j'aime.

MARCEL MARNAT

Secrétaire général de la fondation RAVEL . Responsable des programmes de France Musique . Prix de la critique musicale et de l'Académie des Beaux-Arts

 

 

 

 

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